y'a qu'à 47

on peut dire ce qu'on veut
on peut geindre, se plaindre, fermer les yeux
on peut gémir, pleurer, il pleut
on peut se trouver affreux
on peut souffrir, maudire le bon dieu
on peut hurler, s'arracher les cheveux
on peut dire ce qu'on veut:
on n'est pas malheureux !

même un vendredi blizzard à la nuit, quand on n'a qu'un bâton pour pelleter la neige, à quatre pattes sous une bagnole bloquée par une congère, même quand l'évier se bouche juste à l'heure du départ, même quand le réveil sonne à 0h00 en pleins débats avec une sauterelle de passage, même quand on se casse une jambe sur le premier tire-fesse de la saison, même quand le train reste bloqué trois heures dans le froid sans nouvelles et qu'on va rater toutes les correspondances, même quand on casse la bouteille de rouge en travers de la pièce 10 min avant l'arrivée des invités, même quand tout foire dans les grande longueurs, quand tout part en sucette à l'anis, même quand tout s'écroule,

on peut dire ce qu'on veut
on peut geindre, se plaindre, fermer les yeux
on peut gémir, pleurer, il pleut
même quand ça sert plus à rien d'être amoureux
on peut dire ce qu'on veut :
on n'est pas malheureux !

On peut traiter la vie de salope. Mais la vie ne cherche pas à te baiser, elle cherche juste à se foutre de ta gueule. La vie à le sens de l'humour. Elle manie l'ironie comme un gamin tchétchène manie la kalachnikov : tu ne te méfies pas et pourtant elle fait un carton à tous les coups. Elle te toise, voit ta vie s'effondrer, et te balance un gros clin d'oeil, sourire en prime.
Soit tu lui tires la langue, soit tu te tires une balle.
Moi j'ai jamais aimé les jeux de balle.
Alors qu'avec la langue...