D'avances à rebours

Quelques heures d'avance
Dans une étrange
Itinérance
Croire encore aux anges
Aux cheveux noirs et bouclés

Quelques heures d'avance
À attendre une femme
Comme par inadvertance
À saouler mon âme
De solitaires cafés

Quelques heures d'avance
S'y laisser prendre
À cette terrible espérance
Daignera-t-elle descendre
De la tour où elle est lovée ?

Quelques heures d'avance
Longues minutes à pourfendre
S'égrenant en silence
Attendre
Et ne plus y penser


Quelques heures d'avance
Entre alcooliques, étudiants
La serveuse qui s'avance
Aux seins succulents
Pourrait presque m'y oublier

Quelques heures d'avance
Imperceptiblement souriante
Navigant avec élégance
Entre les tables timide, absente
Pommettes hautes, à croquer

Quelques heures d'avance
L'esprit en vagabondages
Au son du blues, cadence
Au milieu d'un voyage
À peine entamé

Quelques heures d'avance
Dans un café, toujours le même
C'est partout la même chance
Un sentiment que j'aime :
M'y sentir comme un habitué


Quelques heures d'avance
Dans une ville à découvrir
Comme cette fille aux yeux immenses
Qui me fait languir
Derrière le bar cambrée

Quelques heures d'avance
Et ses fesses miraculeuses
Je goûterais bien ton indécence
Gentille guêpe, délicieuse
De quel venin m'as tu piqué ?

Quelques heures d'avance
Et je me demande
Si toutes mes errances
Entre montagnes, déserts, landes
Face à ça ont le moindre intérêt ?

Quelques heures d'avance
Brûlant de lui proposer
Un verre, un dîner, une danse
À sa bouche, un baiser
Où je pourrais me noyer


Quelques heures d'avance
Dans une étrange
Itinérance
Croire encore aux anges
Aux cheveux noirs et bouclés

Quelques heures d'avance
En rêveries immobiles
Oublieux des échéances
Les heures d'avance, tranquilles
Se sont écoulées

Quelques heures d'avance
Qu'aurais-je donc pu en faire ?
Était-ce erreur, malchance ?
Les rêves et les cafés amers
Restent à régler

Quelques heures d'avance
Si douce en rendant la monnaie
Nos mains se frôlent en silence
Elle a un triste au revoir - à jamais !
D'un sourire un peu désolé