Ô ! parfum enivrant que celui de la nuit
Quand elle fond sur vous comme une nuée noire
Et qu'émergent du sol les effluves du soir,
Emplissant le silence d'odeurs et de bruits.
Nul repos pour l'esprit d'aventure égaré
Par un crépuscule d'été dans la nature,
Quand surgissent âromes de fleurs, de fruits mûrs,
Et froissements de la faune à peine éveillée.
Un soleil lumineux sur fond rouge sanglant,
C'était tout ce dont je me souvenais alors :
Un grand astre brillant d'une lumière d'or
Dans un ciel écarlate de sang ruisselant.
La nuit nous avait rattrapés sur le chemin,
Par un soir d'errances dans de vertes contrées.
Pour mieux la savourer nous nous étions couchés
Un instant, que nous fîmes durer au matin.
En ces heures estivales aux senteurs généreuses
Je me suis égaré dans ses cheveux d'enfant,
Sous une lune énorme au regard bienveillant,
M'engouffrant dans sa nuit obscure et chaleureuse.
Insectes fabuleux, arbres sages, douces fleurs,
Dans l'arène intime à nos ébats silencieux,
Témoins tranquilles de cet amour délicieux :
Vous souvenez-vous de ce moment de bonheur ?