Les ombres
S'étirent
Dans les marais
D'estive
Et soupirent
Sans bruit
Nuit
Arrive
Voyageur
Je m'égare
Dérive
Au hasard
De ces contrées
Sordides
Et puis
Les esprits
Avides
S'animent
Salivent
Au loin
Scintillent
Sur les landes
Humides
Flammèches
Indécises
Lueurs
Livides
Valsent
Vacillent
Folles flammes
Frétillent
En foule
Illuminent
La ligne
Imprécise
D'un horiz-
on immobile
Les feux follets
Luisent
M'attirent
Au plus profond
Des tourbières
Impossibles
Leurs ongles
Anguilles
À mes chevilles
S'accrochent
Me tirent
Dans les eaux
Acides
Du marécage
Et je rejoins
La flotille
Des navires
Qui chavirent
Noyé
À la dérive
Au loin
Scintillent
Sur les landes
Humides
Flammèches
Indécises
Jadis
Les druides
Ont su
Les formules
Terribles
Sortilèges
Pour asservir
Ces fées
Futiles
De ces captives
Ils firent
Des lanternes
Magiques
Qui brillent
La nuit
Dans les marais
D'estive
Et quand suivent
Les voyageurs
Ces lueurs
Livides
Qui valsent
Vacillent
Ils découvrent
Parfois
Les douves
Où gisent
Ces lanternes
Aux fées
Captives
Et je frotte
Moi aussi
Une lampe
Merveilleuse
Mais n'obtiens
Que crampes
Et mains calleuses
Ampoules
Sans lumière
Les ombres
S'étirent
Dans les marais
D'estive
Et soupirent
Voyageur
Je m'égare
Dérive
Au hasard
Des cauchemars
Dans ces landes
Humides
Sans bruit
Nuit
Se retire