Dimanche soir avril
Après la pluie
Trottoirs luisants, humides
Avant la nuit
Dans les arbres en ville
Du crépuscule
Chante un oiseau timide
Se dissimule
Un dimanche de solitudes
Quelques heures entrecroisées
Quand nous prenons les attitudes
De grands oiseaux blessés
Il n'y a rien d'autre à faire
Que de laisser le temps
S'écouler de nos hivers
Vers le printemps
Marchant sans vraie destination
Et d'un pas un peu trop pressé
Fuyant ainsi l'unique question
En nous enlacée
Des plantes au Luxembourg
Promenant dans les jardins
Comme les bourgeons débourrent
Les sentiments colorent les teints
Dimanche soir avril
Après la pluie
Trottoirs luisants, humides
Avant la nuit
Dans les arbres en ville
Du crépuscule
Chante un oiseau timide
Se dissimule
Tu parles sans rien me dire
Je t'écoute sans rien entendre
Tandis que derrière les sourires
Se dissimule le plus tendre
Et j'aime entendre ton rire
Vers la mer en nuages s'envoler
Et j'aimerais pouvoir te dire
Ce dont tu ne peux me parler
Entre deux averses l'éclaircie
Nous redonne un peu de force
Pour continuer le jeu ainsi
Sans rien graver dans les écorces
Tu sais bien à quoi je pense
Moi je suppose que tu as deviné
Tu crois que je me rends à l'évidence
Je pense que tu connais la vérité
Dimanche soir avril
Après la pluie
Trottoirs luisants, humides
Avant la nuit
Dans les arbres en ville
Du crépuscule
Chante un oiseau timide
Se dissimule
Oubliés, les rendez-vous fictifs
On se plaît à faire durer
Surtout ne pas être trop hâtif
Surtout ne pas se précipiter
Continuer la promenade
Aller boire un autre café
Mais le temps redevient maussade
"Je crois qu'il est temps de rentrer"
Et à force de rien dire
Tout muet le soir est tombé
Le vent glacé comme un soupir
A refroidi les cafés
Nous nous disons au-revoir
Dessous un cruel acacia
Tandis que nos désespoirs
Crèvent de tabac
Dimanche soir avril
Après la pluie
Trottoirs luisants, humides
Avant la nuit
Dans les arbres en ville
Du crépuscule
Chante un oiseau timide
Se dissimule
Non, ne demande pas
Je suis incapable
Le rêve s'enfuit déjà
Inconsolable
Nous repartons chacun pour soi
Dans nos silences
Dimanche est mort encore une fois
En déshérence
Dimanche soir avril
Je suis parti
Les yeux luisants, humides
Avec la nuit
Sous les arbres en ville
Je déambule
Comme un oiseau timide
Me dissimule