Dans les belles histoires on tombe amoureux
Comme les enfants tombent de la falaise
Moi j'ai le vertige alors je ferme les yeux
Pour mon saut de l'ange du haut d'une chaise
Il arrive que l'on soit attiré par le précipice
On se penche sur le bord, et puis on glisse
Parfois c'est l'autre sans prévenir, qui nous pousse
Et l'on bascule d'un coup avec une sacrée frousse
Les plus courageux se jettent d'un air décidé
Dans l'abîme inconnu comme des suicidés
D'autres sans savoir bien comment se retrouvent
Tombant dans le vide au dessus des douves
Dans les belles histoires on tombe amoureux
Comme les enfants tombent de la falaise
Moi j'ai le vertige alors je ferme les yeux
Pour mon saut de l'ange du haut d'une chaise
La chute est longue, on pense interminable
On regarde le fond, on se sent misérable
Parfois on y découvre un lagon merveilleux
Et l'on savoure longtemps ce plongeon délicieux
Souvent au fond du gouffre la terre est dure
On va finir broyé, disloqué, en confiture
En attendant l'impact on compte les minutes
On se dit qu'on aurait dû prendre un parachute
Dans les belles histoires on tombe amoureux
Comme les enfants tombent de la falaise
Moi j'ai le vertige alors je ferme les yeux
Pour mon saut de l'ange du haut d'une chaise
J'en connais qui savent rebondir comme une balle
Intacts en apparence, juste secoués dedans
Les plus doués atteignent des eaux tropicales
D'où ils émergent, superbes, une rose entre les dents
Plus on tombe de haut, plus on risque de se faire mal
On en a connu des matins descendant
Moi j'écris des poèmes sur un lit d'hôpital
Paralysé depuis ce genre d'accident
Dans les belles histoires on tombe amoureux
Comme les enfants tombent de la falaise
Moi j'ai le vertige alors je ferme les yeux
Pour mon saut de l'ange du haut d'une chaise
(Pour éviter de tomber des balcons quoi de mieux
Que suspendre son vol, accroché à la cimaise ?
Pour mon saut de l'ange, j'ai une corde et un noeud
Coulant. La chute, celle de l'histoire, est entre parenthèses)