Rayon de printemps

Je devais avoir la tête ailleurs
Pour ne pas m'en rendre compte ;
J'avais fermé les yeux et le coeur,
Bouclé dans un grand coffre en fonte
Mes faiblesses et mes erreurs ;
Passer l'hiver dans un monde meilleur,
mais je me réveille dans la honte.

J'ai mis mes beaux sentiments au vestiaire,
Mon amour sous une cloche de verre
Bien à l'abri de la poussière,
J'ai tout congelé pendant l'hiver.
Mais le soleil de printemps est là,
Il brise la glace, efface les pas
Dans la neige qui fond déjà ;
Je me réveille ne vois-tu pas ?

Je devais sacrément me mentir
Pour qu'on puisse aller aussi loin.
Où avais-je rangé le désir ?
En sommes nous à quel point ?
Est-ce que tu pourrais trahir ?
Où ai-je bien pu ranger le plaisir ?
J'ai dû l'oublier dans un coin...

J'ai mis mes beaux sentiments au vestiaire,
Mon amour sous une cloche de verre
Bien à l'abri de la poussière,
J'ai tout congelé pendant l'hiver.
Mais le soleil de printemps est là,
Il brise la glace, efface les pas,
Les feuilles, les fleurs éclosent déjà
;
Je me lève et j'aère les draps...

Je devais être d'humeur gélive,
Pour abandonner sans un regard
Notre rafiot à la dérive,
Au gré des vents et des hasards
Vers un naufrage loin de la rive ;
J'aimerais bien que tu arrives
A ne pas me traiter de connard.

J'ai mis mes beaux sentiments au vestiaire,
Mon amour sous une cloche de verre
Bien à l'abri de la poussière,
J'ai tout congelé pendant l'hiver.
Mais le soleil de printemps est là,
Je me réveille ne vois-tu pas ?

Il fait beau, j'aère les draps
D'où ton parfum s'efface, déjà...