Pauvre lion

Tu aimes à te regarder dans la glace
Te prendre en photo
Que les gens te voient traverser la place
Qu'ils te trouvent beau

Tu prépares avec soin chacune de tes sorties
comme une mariée
Et tu te complais à arriver au ralenti
Dans les derniers

Tu collectionnes tout un tas d'accessoires
Cravates, chapeaux
Pour être sûr d'accrocher chaque soir
Les regards dans le troupeau

Et tu adores entendre les compliments
Vers toi résonner
Même si tu fais toujours semblant
D'être un peu gêné

Tu cherches à ce que l'on te remarque
Dans chaque fête
Tu ris tu pleures tu te détraques
Tu cries tu pètes

Et tu en passes des heures devant le miroir
Self-admirateur
Te contemplant avec amour, désir, espoir
Ou même horreur

Non tu n'apprécies rien tant mon pauvre lion
Que l'on te plaigne
Moi je te botterais bien le fion
Espèce de teigne !

Et tu te parles à toi même ou presque
Tellement tu t'aimes
Tu vas jusqu'à te tutoyer, grotesque
Dans tes propres poèmes !