1998

C'était un été chaud et plein de joies sauvages
Dont le souvenir, de mélancolie m'inonde
Nous étions tous quelque peu les rois du monde
Et dans ces longues nuits, disposés aux ravages

La torride saison nous avait attrapés
Dans les vapeurs d'alcool et les brumes des joints
Pour célébrer l'éclatement juste après juin
De nos douces années dans un foutu lycée

Bac et mention en poche - félicitations
Un petit carton rose pour la liberté
Vers des voyages loin de la moralité
Premier boulot et première cotisation !

Dix-huit étés ! majorité tant attendue !
Quand tout vous réussit on est si grand, si fort...
Toutes les nuits on court, on boit, on crie, on sort
Avec les copains, féroce fuite éperdue !

Mais en certaines choses partage est ardu
Et l'on en oublie vite les copains d'abord
Pour certaine Amélie, offerte sans effort
Et ce très fameux fruit jusqu'ici défendu

Ces premières gorgées hésitantes d'amour
Dans les draps moites d'un lit trop petit pour deux
Longue nuit rouge et blanche, difficile un peu
Avant-goût si sucré qu'on souviendra toujours

Et puis Laure, Virgine et Sarah : quel succès !
Comment ne pas succomber à tant de désirs ?
Comment dire oui ? Pourquoi dire non ? Pourquoi choisir ?
Brûler vite, briller fort, boire à tous les excès

Mais en folles nuits à force de disperser
Dans un virage il arrive que l'on se perde
A la fin du mois d'août, d'un tonneau dans les herbes
La voiture est en miettes. La fête est terminée.